Richesses du présent

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jeudi, juillet 29 2010

Bambino de Elsa Soares

Haïku économique



Dialogue entre un sérieux capitaliste et un paysan poète :

    Le sérieux capitaliste : « En avez-vous estimé le coût? »

        Le paysan poète : «Quand on vit dans l'maquis, y'a qu'du gratuit.
                                           Là bas, l'naturel, on l'met dans la poubelle,
                                                    Ici l'naturel, i'va dans la gamelle.
                                               C'est pour ça qu'les coûts, on s'en fout,
                                                                Et que l'estime,
                                                  On l'donne à c'qui n'a pas de prix! »


                                                                     
BM - Le mercredi 28 juillet 2010


dimanche, juin 27 2010

CHOPIN - Prélude No.15 - Op.28 No.15

samedi, juin 26 2010

Nous autres civilisés

Chaque instant se déploie comme une totalité inséparable.

Mais nous autres civilisés sommes des exilés de nous-mêmes, nous vivons loin de la terre du cœur, nous laissons en friche notre jardin intérieur.

Nous autres civilisés, nous nous réfugions derrière nos fronts avec nos seules valeurs morales pour nous consoler.

Nous vivons perchés sur les cendres de la raison et restreignons le réel à des mots, des pensées, des idées. Comme si l’abstrait pouvait être le lieu de réalisation de notre humanité. Divine raison, divin concepts. Partout le règne du calcul, le culte du quantitatif.

Pour nous l’avenir, c’est explorer les mondes virtuels, s’alimenter sur des systèmes artificiels et s’entourer d’objets techniques toujours plus sophistiqués. Nous ne sommes plus du vivant sensible dans une nature où la vie explose à chaque instant mais du fantasme de toute puissance face à des mondes sans goûts, ni saveurs.  

Nous autres civilisés, nous voulons tout expliquer. Nous aimerions mettre des causes derrière chaque mystère et qu’ainsi l’univers nous soit en apparence totalement transparent. Nous croyons, en chassant l'inconnu de nos existences,  apaiser nos angoisses mais ce faisant nous perdons l’essentiel, l’étonnement face à ce miracle qu’est la vie, l’émerveillement face au mystère de la matière. Là maintenant, je suis en vie, là maintenant, il y a cette présence massive du réel. Et rien ne me sépare, ni de la vie, ni de la matière. Se laisser emmener par ce miracle tel l’eau impétueuse d’un torrent, contempler le mystère comme ces fascinants miroitements de la lumière sur un lac et la question même du sens de l'existence s’évanouit. Car, agréable ou pas, l’instant est toujours plein.

Nous autres civilisés analysons sans répit le réel, nous séparons avec acharnement les faits, nous fragmentons le monde en petits morceaux, nous divisons le corps en bout de chair, nous opposons les êtres vivants entre eux comme s’ils n’avaient rien à partager. Alors que dans le monde vécu, tout est dans tout et rien n’est séparé de rien.

Nos têtes sont minées malgré nous par tous ces grands « ismes » que sont le christianisme, le darwinisme, le freudisme, le libéralisme. Égoïste, pulsionnel, dangereux pour lui-même, inconscient de lui-même, c'est l'image que nous avons de l'humain. Ébloui par ces soleils blafards, nous ne voyons plus que notre ombre. Mais l’instant n’appartient à aucune idéologie, il est libre de toute prise de position, libre de tout savoir. L’instant n’est ni pour, ni contre. Il est ce qu'il y a de plus intime en nous. Il est le vrai soleil. Une totalité bouillonnante de vie. Créatrice et destructrice tout à la fois.

Nous autres civilisés, tenons le corps à distance afin surtout de ne pas l’éprouver, nous tenons le monde à distance afin surtout de ne pas en faire l’épreuve. Nous faisons tout pour éviter une relation sans filtre, sans protection avec tout ce qui nous traverse et nous entoure. C’est ce qu’on nous a appris : « Prend du recul » ;  « Regarde les choses de manière objective » ; « Relativise ». C’est si confortable de se tenir face à soi-même et au monde tel un spectateur somnambule.

Nous pourrions descendre dans la sensorialité de notre chaire, aiguiser nos sens afin de boire les couleurs du monde, affiner notre ressenti afin d’épouser le cœur des autres, et vivre avec tout son être l'étincelle de l'instant. Mais au lieu de trouver l’intensité de la vie dans le frémissement tangible de la matière, nous compensons en nous égarant dans cet univers Disneyland où les images remplacent la vraie vie, la Grande Vie.

Nous pourrions vivre avec les paupières de la perception grandes ouvertes.

Mais c’est vrai, vivre l’instant avec son être tout entier, être là, instant après instant, c’est vrai, pour nous autres civilisés, c’est la mort assurée. L’instant, expérience insaisissable, nœud d’incertitude, met à mal nos désirs de toute puissance, de mise sous contrôle de la vie. Pourtant, cette vie que nous fuyons pensant trouver dans un ailleurs un bonheur illusoire, commence là, dans ce moment  de non-savoir qu’est l’instant présent. Là, je ne sais plus rien, je ne peux plus rien savoir, mais cette humilité se fait ouverture à tout ce qui se présente à moi. Humilité du non-choix car il est vain de ne vouloir que la moitié de la vie.    

C’est vrai, l’instant nous appelle à devenir plus grand car c’est là que tout se passe. Lieu d’intense activé, nous n’avons pas d’autres choix que de faire face à sa vérité, aussi belle et douloureuse qu’elle soit. C’est vrai, nous autres humains, sommes si nus et vulnérables dans cet univers où la mort est nécessaire à la poursuite de la vie que souvent nous préférons éviter la fluidité de l'instant.

Nous faisons des sauts de puce entre le passé et le futur, nous jouons à saute-mouton avec le présent. Pourtant, comme des enfants s’amusant avec les flaques d’eau, nous pourrions sauter dans le maintenant et devenir enfin des vivants.

 

                                                                                         BM - Le samedi 26 juin.

 

lundi, mai 10 2010

Love in the time of choléra de Antônio Pinto

dimanche, mai 9 2010

Plus rien


Écoute, le monde fond entre nos mains.

Regarde, le carrelage fissuré, les assiettes pas finies, la fourmi fatiguée.

Il n’y a plus rien, que le silence dans tes cheveux,

Moi, une terrasse,

Un grand soleil rouge,

Un ciel plein de soleil.

Il n’y a plus rien, que ce grand trou dans l’horizon,

Tes lèvres mouillées,

L’eau dans ton gosier.

La nuit, bientôt va nous bercer.

Et toi,

Tu dis le firmament,

Tu dis l’air, la terre et les océans,

Tu chantes la musique de nos enfants.

Plus rien que les cœurs battants,

La chaleur sur tes cils,

L’orage dans les nuages,

Et

Cette vie fugace blottie entre nos mains.

                                                                                                                  BM – Le dimanche 9 mai 2010



 


samedi, mai 1 2010

AMMA

samedi, mars 13 2010

Rencontre avec le ciel


Douce comme un sourire de juin

Une hirondelle mit sa tendresse sous ma tristesse.

La grâce de ses ailes a caressé mon ciel

Sous son regard, des rêves feux d’artifices jaillissent

Sous mon regard, des soleils flambent pour l’applaudir.

J’ai vu la beauté de son sillage

Elle déambule telle une reine sur le fil du temps.

Cavalière élégante

Chevaux de pluie l’accompagnant

Longue trainée sur l’horizon.

Hirondelle modeste

Habillée de vent

Elle chevauche le crépuscule

Et prend soin du soleil, dans la nuit il tremble.

Généreuse à chaque battement d’aile

Plumes délicates animées par l’immense

Sans aucun doute, son royaume, c’est le ciel.

Voltigeant et virevoltant, voltigeant et tournoyant

Elle glisse sur mes pensées, elle danse sur mes silences.

Joueuse inlassable aux quatre coins du ciel

Ses regards malicieux fleurissent sous la lune.

Point de lumière dans mon océan riant comme un enfant

Mélodies étoilées dans ses gestes chantant la gaieté

Et pour m’y prélasser, des nuages plein le cœur incendié.

Belle hirondelle, majestueuse et belle demoiselle,

Votre liberté est un ciel où il fait bon se baigner.

 

BM-le samedi 13 mars 2010.

vendredi, décembre 11 2009

A mi-chemin, il y a l'humain

Il y a dans l’humain une frontière, une zone à mi-chemin entre l’intérieur et l’extérieur, une zone où le monde fonctionne sans moi et où mes états d’âmes se passent de moi. Tel un ciel ensoleillé, je me défais de mes nuages intérieurs et laisse libre cours à cette rencontre amoureuse  avec les milles couleurs du feuillage du monde. Ni passé, ni futur pour filtrer. Le présent se suffit à lui-même et il est libre de tout. La vie dans son élan me comble et m’entraîne dans son sillage. Pourquoi avoir peur ? Quand je suis nu sans ce vêtement trop étroit du souci, le monde est une présence palpitante. Je me défais de mes nuages intérieurs mais longtemps j’ai traversé les flammes de la torpeur avec ma parole pour m’accompagner et mon corps pour me relever. Le son d’une parole exprimée creuse le silence du passé, déplace les sacs trop lourds d’une histoire morcelée. La parole adressée à un regard bienveillant déterre les faux semblants et redonne un vrai visage à l’enfant ignoré. Le corps est un ciel étoilé. Il est silencieux comme la nuit. Son histoire remonte à une époque si ancienne qu’il faut la patience d’un chercheur d’or avant de l’entendre murmurer. Et l’histoire qu’il veut raconter, ce n’est pas forcé qu’il va la réciter. Le corps, c’est une myriade de sensations, une flopée de chatons  sauvages voulant être caressés. Il faut que le geste soit lent et délicat pour qu’il trouve la tranquillité et s’abandonne à l’émotion si longtemps endormie. Finies les nuits noires, chemin faisant les étoiles intérieures se remettent à briller. Le corps se moque du superflu, ce qu’il veut, c’est la vie, ce qu’il veut, c’est briser les boucliers encombrants, déposer les armes des luttes inutiles et retrouver la gaité de l’enfance oubliée. Je me suis plongé dans cette zone grouillante de vécu, là même où j’ai été blessé, là où la douleur brûlante pouvait alors s’apaiser parce qu’enfin elle était écoutée. Et c’est dans le silence de la pensée que mon cœur s’est remis à battre et que ma voix enfin s’est réveillée. C'est dans cette zone si vulnérable de l'humain, dans ce matin à la belle lumière cristalline que la puissance de la vie peut jaillir à nouveau. Là, dans la vibrante tendresse de l’instant, l’humain se dévoile et l’amour se fait jour.                                                        

                                                                                                                                                              BM-Le vendredi 12 décembre 2009

dimanche, septembre 6 2009

Hymne à la Vie Sauvage

                                             

S'oublier dans le vent,

S'incliner sous la pluie,

Du végétal dans mes pas,

Spontanés, toujours légers.

S'abîmer dans la forêt,

Devenir terre, devenir vert,

Ramasser de l'authentique,

Cueillir du brut, de la matière qui vous renverse.

S'ouvrir le cœur, en perdre la tête,

Débusquer l'invisible, l'abondance toujours présente,

Enlacer les Dieux-vivants, chevaucher les quatre saisons,

la raison couchée par terre et

La nature comme maison.

Compagnons à demi-nus, compagnons à l'unissons,

Des paroles venues du rien, une douceur venant du cœur,

De la lumière au bout des doigts, une étoile au bout des regards,

 Et du rêve en guise de chemin,

Et le présent pour confident.

BM

 

lundi, juillet 6 2009

La Vie contre toute attente

Qu’est-ce que cette vie dans l’instant ? Une respiration sans pourquoi. Qu’est-ce qu’un humain conscient ? C'est une mise à nu. Une main ouverte. L'éclat d'un geste. Un miroir contre toute attente.

Mon cœur palpite et l’univers me rattrape à chaque seconde. A chaque instant bercé par la mort si intime à la vie. Présence du monde tenue par aucun fil. Ma vie n’est que la Vie.

L’inspiration dans le ciel, la voie lactée dans les poumons, quelle différence ? C’est un silence. Une conscience. Reflet de la douceur étoilée. Il n’y a que Cela. La Vie contre toute attente.

BM

mardi, juin 23 2009

La vérité comme du sable

Amour, immigration, cuisine, darwinisme, Dieu, chômage, atome, Palestine, table, arbre, prisons, croissance, média, histoire, quelque soit la facette du monde évoquée, le réel nous échappera toujours. Et c’est une chance car la paix se situe là, dans ce « grand réel » toujours trop grand pour mon petit « je pense ».

« Je pense » n’est pas le monde. Ou bien si, il l’est. Mais seulement une toute petite partie de cette infini réalité qui nous traverse à chaque instant, que nous habitons chaque jour. L’infini ne se réduit pas à une question de taille. L’infini, ce sont les milles et une nuance des couleurs du monde, les milles et une nuance que les choses et les êtres peuvent manifester, les milles et une nuance que chaque situation contient, les milles et une nuance de toutes ces personnalités que nous côtoyons chaque jour. L’infini comme l’infini subtilité du monde. Nous sommes plongés corps et âmes dans cette abondance visibles et invisible de formes vivantes, dans cette réalité protéiforme de peuples et de cultures humaines que le « je pense » ne pourra jamais épuiser. Nous sommes cernés, traversés par le foisonnement du monde et les myriades de détails du réel.

Trop grand est le monde, beaucoup trop grand, beaucoup trop vaste, pour de si petits mots pourtant si nombreux. Nous voulons peindre le vent de la terre avec des pinceaux. Faisons-le, mais nous saurons que nos pinceaux ne pourrons peindre l’invisible que comme un ailleurs si intime que nous ne pourrons jamais le fixer. Impossible de saisir le vent avec le mot vent. Le monde est un tissu de soie que nous caressons avec les poings fermés.

Desserrons l’emprise de notre esprit sur le monde, ouvrons grand notre cœur à l’infini singularité de l’autre et de l’univers qu’il renferme. Installons-nous dans l’insaisissable du réel. Et au lieu d’envahir le monde avec nos colonnes de pensées et nos armadas de phrases, nous nous laisserons envahir par le monde et la profusion de sensations qu’il nous offre à chaque instant.

Nous ne sommes pas seulement un  « je pense ». Un « je » souvent réduit à une  chose crispée, toute dur et comprimée, sur lequel le monde vient taper. Un « penser » souvent utilisé comme une arme pour contrôler le réel. Non, nous ne sommes pas simplement un front qui pense, une bouche qui articule des sons. Nous sommes de l’espace. Un grand espace. Mais nous sommes de l’espace quand on cesse de violenter le monde avec nos pensées, quand nous mettons de l’espace entre nos pensées plutôt que de remplir tout l’espace avec nos pensées.

Que vive la pensée ! Une pensée incarnée dans un esprit libre et un corps détendu, une pensée enracinée dans le mystère du réel et de cette vie qui l’anime, une pensée n’ignorant pas l’impensable de tout le ciel et de toute la terre. Énoncer des vérités n’est pas un problème lorsque celles-ci coulent comme du sable entre les doigts de l’esprit. De la détente éclairera alors nos idées et enfin nous nous parlerons avec douceur.

                                                                                                    


samedi, juin 20 2009

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samedi, janvier 3 2009

Nos questionnements comme des fenêtres

            Les questionnements existentiels sont souvent vus ou vécus comme des "prises de tête". Ces questions en réalité peuvent ouvrir le cœur. Elles concernent l'intimité de chacun. Poser des questions au monde peut être une source de libération et un moyen de nous relier à cette dimension plus vaste de la vie. Le questionnement ouvre. Il ouvre grand les fenêtres de l'esprit, fait rentrer l'air frais dans nos mémoires encombrées, amène la lumière du jour dans la caverne de notre être. Le questionnement crée une fissure dans ce mur qui nous sépare du réel et du monde. Il ouvre l'humain sur les richesses des possibles, sur l'infini de la Vie.

Au contact de l'infini, mon cœur s'adoucit. Car au contact de l'infini, mon cœur n'a plus peur, il se remplit d'infini. Les jugements et les réponses toutes faites n'ont plus lieux d'être, vus de l'immensité ils ressemblent à des prisons. Questionner met de la tendresse dans nos certitudes figées, questionner met de l'étonnement face à nos évidences égocentriques, questionner met du neuf là où il y n'avait que du vieux. Le questionnement c'est comme les vertus de l'huile, il remet du mouvement là où tout était grippé et rouillé.

Dans l'ouverture créée par la question, nous pourrions être facilement tentés de donner tout de suite une réponse, mais cela reviendrait à refermer les fenêtres, à retourner dans notre tanière. A cette tentation, nous y cédons très souvent. Nous préférons nous prélasser dans le confort rassurant de nos réponses. Pourtant notre cœur est dur lorsqu'il s'agrippe à toutes ces idéologies, toutes ces croyances, opinions et représentations. La guerre commence déjà là, dans ce lieu obscur où tout est fermé par la peur, à l'intérieur duquel on se barricade et où il ne faut surtout pas poser de question. La conséquence, nous pouvons la voire tous les jours aux infos. Regarder, on n'y trouve que des réponses, on n'y voit que des êtres engoncés dans leurs certitudes. Même si on peut regretter que les informations ne montrent pas aussi tous ces dons gratuits, ces actes de bravoure et cette intelligence bienveillante. Tous ces gestes éclatent de mille feux sur toute la surface de la planète, tout autant que les conflits et les obus.

S'installer dans l'ouverture de la question et y rester, car par la question, nous nous relions aux mystères de la Vie, nous nous émerveillons d'être là et nous sommes touchés par la beauté de ce réel qui de part en part nous traverse. N'est-ce pas d'ailleurs ce qui rend possible le questionnement, ce monde qui à chaque instant nous interpelle ? Voilà l'essentiel : cet échange, ce partage avec les autres et avec l'immensité du réel, d'une splendeur commune. Et puis, lentement, ou plus tard viendra le temps des réponses. Mais nous n'érigerons plus ces réponses en barricades. Elles ressembleront plus à des balises pour nous guider sur les plaines infinies de la Vie.

BM

jeudi, janvier 1 2009

Le Grand Feu


    Laissons-nous embraser par le feu dévorant de l’Amour.

Sa chaleur est si douce,

Qu’elle dilate les cœurs et les fait rugir de plaisir !

Ne cherchons plus à nous sécuriser,

Car les rideaux de fer cachent la lumière,

Et la peur nous empêche de respirer le grand espace.

Laissons entrer le vent de la liberté.

Il nous secouera, nous ébranlera,

Mais les fruits mûrs, seuls, resteront accrochés à l’arbre,

Et ils seront si délicieux !

Laissons le soleil nous consumer,

Car la joie ne peut pousser que sur l’humilité.

Et c’est dans les profondes racines du réel

que nous puiserons la force de nous redresser

face à ce monde dégradé et désabusé.

Et c’est dans nos cœurs si fragiles que nous découvrirons

ce désir flamboyant d’être une simple goutte de vie,

Ce désir brûlant d’être une goutte d’immensité.

                                                                                   

                                                                                                        BM

 

mercredi, décembre 31 2008

C'est si bon d'être en vie!

Être en paix avec moi-même, que c’est bon! Quel délice de sentir mon corps sans tension, se laissant aller à son fonctionnement naturel, se laissant vivre dans cette tranquillité qui est la sienne.
Mon esprit est calme, tout le vacarme habituel s’est dissipé ; il a laissé la place à ce silence où les frontières volent en éclats. Ma tête a cessé de lutter, elle ne court plus après l’ombre des pensées, elle n’est plus agitée par les déceptions, les ressentiments, ou la colère.

Il n’y a plus de peur car il n’y a plus rien à défendre.

Je suis Là. Juste Là. Pleinement présent.

Mon cœur est plein de cette vibrante immensité. Il déborde d’Amour. Comment ne pas donner ? Ce n’est pas que je veux aimer, mais comment vivre avec tout cet amour et toute cette beauté à l’intérieur de soi sans le partager avec les autres et l’univers tout entier.

Qu’il est bon d’être en vie quand on redécouvre la paix et la joie sous les décombres de la misère affective.

BM

mardi, décembre 30 2008

L'Esprit Vaste

Je ne suis rien dans cet esprit si vaste :

Une goutte d'eau dans un ciel pluvieux.

Rien ne sépare l'esprit et le monde,

Rien ne différencie le corps et la nature.

Seule la croyance en la forme suggère le contraire.

L'esprit est tout, Je n'est rien.

Benjamin

samedi, décembre 20 2008

AMEN

mercredi, décembre 10 2008

Rien que l'Apparence

Nous avons la possibilité de nous en tenir à ce qui apparaît, sans faire appel à aucun système de référence, qu'il soit moral, idéologique, ou scientifique, sans soumettre la réalité et en particulier notre réalité intérieure à des commentaires et à des interprétations. En fait nous pouvons faire confiance à ce niveau fondamental de la réalité pour “parler” de lui-même, pour s'exposer et montrer ce qu'il est. Nous possédons la qualité “d'être ainsi” et de nous y tenir, sans nécessairement aller au-delà de ce qui apparaît. Du reste, il n'y a pas d'au-delà à la réalité, ou du moins cet au-delà est toujours en fait un effet du mental qui construit une représentation abstraite déduite de la réalité immédiate. Cette déduction postule que l'apparaître est illusoire et que derrière l'apparaître se trouve la vérité. Pourtant la première réalité, notre première réalité, est celle de l'expérience immédiate que nous faisons du monde qui, de part en part, nous traverse.    

BM

lundi, décembre 1 2008

La tendresse du Réel

            En deçà de la réalité égotique, avec ses lourdeurs émotionnelles et rigidités intellectuelles, existe une réalité plus profonde, déjà là, disponible à chaque instant. Cette réalité, c'est cette douceur et cette tendresse qui peut irradier chacun de nos actes, de nos gestes, chacune de nos paroles, de nos pensées. Une tendresse humble qui est à l’écoute du monde, considère chaque chose en détail, réconforte, apaise et fait grandir l'autre dans ce qu'il est. Cette tendresse pleine d'intelligence sature tous les aspects du réel et le comprend totalement, sans aucune retenue. Paradoxalement, cette fragile tendresse  peut être sans pitié. Elle ne tolère pas les faux semblants et les petits arrangements avec soi-même. Son point de  vue est celui de la grande spontanéité, non celui du petit calcul mesquin. Elle voit tout très clairement sans jugement, sans peur.

La tendresse n'est pas un état que l'on peut atteindre par la volonté, mais par un acte d'abandon car elle est déjà-là au sein même de toute la réalité.

La tendresse est impensable, silencieuse par nature. Impersonnelle, elle est là dans le creux de nos vies, en deçà de l'identité.

Elle est ce qui sous tend le rapport de l'être humain avec le monde. Elle nous invite non pas à donner, non pas à être quelque chose que l'on n'est pas, mais juste à être. A être ce qui est. L'amour est là dans ce qui Est.

                                                                                                                                                                                                            BM

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