Richesses du présent

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samedi, octobre 1 2016

Ce jour


J’ai servi ce jour

Ce jour qui chaque matin renaît

Chaque matin le même jour qui renaît nouveau chaque jour.

J’ai servi ce jour

Car c’est ce jour ni hier ni demain

Mais ce jour-ci qui attend que je lui offre ma vie.

J’ai servi ce jour

Les oiseaux sur le toit la mélodie du ciel

Le riz qui fume la vaisselle à essuyer

La tristesse dans la cuisine.

J’ai servi ce jour

Demeure des vivants

Quand je suis là

Ils se montrent en silence

Remplissent la bouche mouillent les yeux

Tendent les mains au bonjour du monsieur.

J’ai servi ce jour

Pour me lever m’incliner et aimer

Donner le jour à l’infime comme embrasser une joue.

 

BM – Le samedi 17 septembre 2016

Le point




Au centre

Un point de douceur

Il se tient impeccable

Une douceur nette et azurée

Au milieu du monde

Où plus rien ne tient

Un point

Humble et ensoleillée

Avec son moelleux qui

Va jusqu’aux yeux

Inonde tout le jour

Feutré, feutré, jusqu’au dedans du monde.

 

BM – Le lundi 19 septembre 2016

dimanche, mars 27 2016

Quelque part



Mousse de chêne éclabousse l’air bleu

Ciel accroché aux branches

Oiseaux sur le départ

Un monde voltige

Tombe sur la terre une pomme de pin




BM – Le 08 mars 2016

Une herbe petite




Une herbe petite

Seule

Devant mes pas

Les arbres ne parlent pas

Dressée vers le ciel

Penchée sous mes pas

Ainsi je la vois

Une herbe petite

Seule

Devant mes pas.




BM - Septembre 2015

vendredi, mars 27 2015

Matin Plénitude

Matin plénitude. Matin auprès des choses, à les chérir, à percevoir l'infini richesse de leurs royaumes, à goûter les fraîches sensations que le monde octroie à mes sens, à parfois les redécouvrir, souvent jamais vues ou seulement entraperçues, à me vivre transparent, fenêtre lavée par tant de beauté.

Plénitude ; être auprès de ce qui m’entoure, porté par le regard du cœur, avec l’ordinaire du quotidien, ces merveilles de présence qui traversent mes jours, avec ce chaton joueur, les nuages bourgeonnants, les sourires pour rien, le reflet du ciel dans la cuillère comme des petits miracles inattendus, des lueurs oisives et sans scrupules. Goutte après goutte, elles coulent sur nos joues, elles coulent, elles roulent dans nos mains, picorent nos yeux, tapent sur la peau, cognent à nos oreilles.

Des matins avec cette envie d’espace, d’agrandir mon monde, d’explorer le ciel et les étoiles de la terre, d’aller vers, vers ce qui dégage la tête, vers ce qui élargit le cœur, d’aller vers la rencontre, vers les gens, leurs misères, leurs grandeurs, les choses qui ne laissent pas de traces, celles qui resteront après moi, les êtres vivants du jour présent, ceux qui me sont étrangers. D’aimer le monde, en aimant la Vie aimante !

Ce chuchotement de l’amour qui frémit sous nos lèvres quand plus rien ne se dit mais que l’essentiel se fait lueur.

Laisser la puissance de la vie nous porter, laisser les vagues nous bercer, hautes ou basses, elles bercent l’une comme l’autre. Se laisser aller. Laisser le cœur battre son propre rythme, lui il sait. Plus de questions, plus de peur, la vie œuvre en nous avec un amour qui ne demande rien.

Devenir le réceptacle brûlant de l’éclat du réel.

Nous les douces lumières chahutant l’univers tout entier.

 

                                                                                                 Benjamin

mardi, août 19 2014

Le silence du réel


        Explosion de silence.

Et ce silence ne vient pas seulement de l’échappée du soleil vers d’autres terres à saupoudrée de lumière, donnant ainsi aux yeux la possibilité de s’apaiser.

Mais c’est d’abord l’implacable silence du réel. Ce silence par qui la matière expire. Ce silence, toujours au-delà des resserrements mécaniques de l’esprit quand plus rien ne le préoccupe.

Ce silence qui rend la douce mélodie du monde si apparente.

                                          

                                                                                                                                 Le 4 avril

jeudi, août 7 2014

A vive allure



Qu’une lumière celle de la terre qui tourne

Les yeux d’enfants en robe de vent

Sourires et petites fleurs mouillées

Jouent les groseilles

Dans la bouche à l’ombre des arbres

La terre sur elle-même roule auréolée de  

Silence

Le soleil boit

La route goudronnée

Roule le plaisir à vive allure

Flaque éclaboussée

De rires amoureux, confiture

Et tartine se goûtant l’un contre l’autre

A fleur de peau, le monde enveloppé de

Monde

C’est l’heure de l’enfance oisive

Écarquille tes globes et presse la lumière

Ivre de la ritournelle du monde.

 

BM – Le 31 juillet 2014

 

dimanche, juillet 20 2014

La brisure de l'âme



Sur la respiration profonde, il ose vivre la vague, grand surgissement,

Rugissement et roule la vague, porté, retourné, la vague brise, l’océan mange

 Les brisures de l’âme.

Épuisement du silence

Un monde s’éteint

S’étendre sur le rivage du rien

Plus rien, plus que du sang sur les dents

Visages pâles et noirceur sous les mains

La terre reçoit

L’ondée vient

Goutte après goutte

Douce, à chaque fois douce

La terre revient

Le sein nourrit

Les âmes, mon âme, le monde

Ciel terre

L’espace éblouit là où habite l’évidence.


                                                                                                                                     BM – Le samedi 19 juillet

jeudi, juillet 3 2014

Le Grand


Que la terre fertile déchire l’enclume de mes entrailles

Que le ciel clair tranche les eaux boueuses de mon cœur

Matière en torsion

Muscle tendu

Chair en mouvement

Eructant le souvenir brûlé de n’avoir pas pu se vivre

Lente transformation du corps

Où percent puissant les yeux brillants de la Vie

Faire le grand saut, là où moi n’a plus de place

Où le regard ruisselant d’amour éclaire tout

Quand la peur disparaît, le monde apparaît

Avec ses grandes mains gracieuses

Invitation joyeuse à rejoindre le proche et le lointain.

 

Le mardi 24 juin 2014

 


lundi, mai 5 2014

En Mai




Cerisier

Croissant de lune

Ciel bleu

 

 

Benjamin – Le dimanche 4 mai

Couronnée de fleurs


   Elle est une petite fille brûlée dans sa chair, une blessure ouverte, corps tout entier blessé, une douleur devenue monde. Cette petite fille, une tristesse infinie suspendue dans les yeux, ce silence impuissant lancé de nulle part. Cette petite fille qui aurait aimé garder pur le chant de son cœur, qui a cru en la joie du monde mais qui a vu la violence aux frontières de sa peau. Le corps engourdi de déception, elle attend. Elle attend sur le rivage de ses lèvres muettes, aux aguets, sans rien lâcher, elle risquerait sinon de sombrer. Elle attend, ses deux mains agrippées à sa peur, le retour de ces gestes pacifiés qui rendraient la vie paisible, la présence d’un regard qui porterait l’amour et redonnerait aux jours qui passent un goût d’éclat. Elle attend avec la vie à offrir.

Plongée dans l’herbe tendre et verte, l’innocence proclamée, couronnée de fleurs, elle porte en elle la nostalgie d’une lumière, la lumière du monde, de ce monde où l’on peut jouer sans perdre sa place de reine.

 

Benjamin – Le dimanche 19 janvier 2014

 

lundi, février 24 2014

A l'orée du ciel


A l’orée du ciel

Te regarder comme un premier regard

Comme si rien n’avait été dit

Avec des yeux de premier matin

Les yeux de l’aube avant le premier soleil

Avant que la lumière tisse l’histoire du jour

N’écrase aveuglant les frêles amants

Avant que la lumière n’éteigne le silence

Le silence qui fait voir

Le mouvement musical dans tes cheveux

La brise légère de ton âme

L’étincelle à chaque mot

Chuchotement de ta peau

Hirondelles dans tes mains

Gestes invisibles, imprévisibles

Où va l’étoile suspendue à tes cils ?

 

 BM – Le samedi 22 février 2014

lundi, février 3 2014

Le visage du monde

Accueillir la nuit qui vient

Dans le bleu devenu noir

Avant que les hommes ferment leurs yeux

A ce monde au visage obscurci

Sous la poussière des jours qui défilent

A ce monde où plus aucun regard ne le dévisage

Il nous veut pourtant encore

Avec nos mots écarquillés

Nos rêves de lui quand il était clair

Il nous veut amoureux

L’odeur de sa boue sur nos genoux

 Le goût de sa neige dans nos bouches

Nos sexes d’anges pour sourire aux étoiles

Il nous veut l’émerveillement

Avec nos gâteaux sucrés

Du velours sous les paupières

Nos fenêtres et nos gestes lavées de nos soucis

Il nous veut beau

Avec nos ombres ensemencées de lumières

Le ciel plongé dans nos crânes pour mieux voir

Il nous veut lointain

Et l’horizon perdu et l’inconnu au bout des mains

Le temps s’étire sous les draps de nos âmes

De nos âmes nues, les époux réunis

Qu’avons-nous à perdre sinon des vêtements trop étroits ?

Qu’avons-nous à retenir sinon le vent ?

                                                                            

                                                                                                   BM - Le dimanche 2 février 2013

mercredi, décembre 11 2013

Se rencontrer pour rien

A celle qui…



Tristesse démunie

Face à la chute qui hante les rêves

Où le corps résiste aux crevasses impromptues

A ne pas savoir quelle vie

Pour celui qui rempli son corps dans les plis de l’amour

A ne pas trouver de terre en partage qui rende les gestes fertiles

Où mon ciel souriant s’offre pluvieux à celle qui invite les anges

Où la profondeur du monde s’achemine dans tes mots éclos du matin

Bucolique et tendre, ton regard dans l’aube m’appelle de plus loin que toi

A se rencontrer pour rien jusqu’à la nuit tombante

Parce que c’est toi parce que c’est nous, chacun devient ce qu’il est

L’heure oubliée

Dans la magie des louanges, de l’enfance retrouvée

 Où l’atmosphère s’allume, soulève l’univers, veut danser sous la lune dévoilée

Parce que le corps est un cœur qui n’a pas de corps

Un œuf fragile où la vie s’abreuve

Réaccordée, sa musique culmine au bord de l’abîme

Qui n’arrête pas de psalmodier

Qu’aimer est une mise à nu.

 

BM - Le mardi 10 décembre 2013

mardi, décembre 3 2013

Soleil en mouvement


En larmes, rougeur posée dans la nuit

Le ciel égaré, elle fait sa cage

A l’immensité, la liberté s’abreuve

Soleil en mouvement

Fait miroiter ton cœur

Et l’ailleurs sur tes cils.

 

BM – Le dimanche 1er décembre 2013

vendredi, novembre 22 2013

Si proche


Elle rivages intimes

Si proche dans le lointain

A traverser la peau

A laisser trembler jusqu’à l’os

Elle

Ouvert pour l’ouvert

Les grandes eaux du cœur à jamais vers l’océan

Tangue d’un coté, paisible de l’autre

Silence blotti, pluies sur les yeux

J’ai la peur en larmes

Dans l’éblouissement du monde.


BM – Le mercredi 20 novembre 2013

 

mardi, octobre 22 2013

Pour une petite main


J’étais un fils, j’étais un père

Avec elle, avec elle

Enroulé dans un drap d’amour, les yeux me saignent

C’est un peu de vie dans une fleur flétrie

Parce qu’un regard pour une petite main

C’est des frissons comme une bourrasque

Un arbre avec le ciel pour mes prochains jours

J’étais

Sans roi, sans reine pour régner sur mes terres

A la recherche d’un fleuve, d’un tambour en crue.


BM – Le mardi 22 octobre 2013

 

samedi, octobre 19 2013

Matin bleu



Regarder le ciel suffit à me donner chaud

C’est un matin bleu

Des rêves de nuit accrochés à ma poitrine

C’est un matin bleu

De lumière automnale

Le matin d’une vie pour vivre là où je suis.


BM – Le vendredi 18 octobre 2013

lundi, septembre 23 2013

Quand on vit de chair


Jeune loup sauvage, nonchalant devant le spectacle en ruine

Tes nerfs donnent le ton, ton sang majestueux dans tes membres

Tes pas, l’un après l’autre, piétinent ton reflet et tes cages

Tes pas traversent les déserts de corps cimentés

Les néons grisonnants, les dieux-machines

Libre sans eux, sans les je crois

Tes pas, l’un devant l’autre, tracent un chemin pour toi

Être chardons et pierres et trouve l’univers

Dans la rivière déployée aux quatre coins du ciel

Ta nourriture est la nuit pour resplendir tes jours

Quand on vit de chair, le festin vivant t'enlace

S'entrelacent loin les fibres de ton cœur, les pousses naissantes du désir

Quand tu chasses les brumes matinales, tu retrouves l’appétit des étoiles

Le parfum des montagnes, l'eau fraîche au bout du souffle

Quand on vit de chair, le festin vivant t'enlace

S'attendrit ta peur dans le réconfort du soleil rouge

Solitude affalée sur l'horizon

Tombent, tombent les noirceurs fanées, tu le sais l’automne verdira

Sous ta fourrure de confiance

L'étincelle du monde perce ici et là les neiges de l’hiver.

                                                                                                   
                                                                                                                                     BM – Le dimanche 22 septembre 2013